le-blog-de-michael

 

"Un peu d'histoire…

Non, je ne vais pas vous barbez avec l'histoire de France, mais avec mon histoire.

Revenons en 1990. Le 28 mai pour être précis. Une semaine après mon 18ème anniversaire.

 

Je rentre par le train quittant ma Lorraine natale. J'avais assisté à la communion d'une de mes cousines.

En cette fin mai 90, le beau temps est là, tout comme cette année. Je prend le train sur les coups de 13h00, pour arriver vers 17h00 gare de l'est.

Le temps étant radieux, profitant des transports en communs pour rejoindre la gare de Lyon et repartir vers ma banlieue sud, je décide de faire une halte dans un parc, plus précisément, celui des Tuileries. Je venais souvent m'y balader avec ma soeur lorsque nous habitions Paris.

 

Ce jour là, je décide de m'installer sur un banc, à l'ombre d'arbres magnifiques. On est quelques jours avant le début des épreuves du bac, et en élève studieux, je sors de mon sac des fiches de révision. J'avais quelques heures devant moi avant de retrouver mes parents.

Au bout d'un moment, toujours dans mes révisions, je croise le regard d'un mec.

Je l'observe, le trouve mignon. Je continue à bûcher. Là j'ai un " blanc ".

 

Je ne sais plus si c'est moi qui vais vers ce mec, ou si c'est lui qui vient m'accoster. Un blanc révélateur, car pour moi c'est comme si le temps s'était arrêté.

On échange quelques mots. Il me propose de boire quelque chose. J'accepte. Je me retrouve rue de rivoli, à la terrasse d'un café en compagnie d'un inconnu. Un inconnu peut-être, mais je le trouve séduisant...

Aujourd'hui je crois que ce serait différent si quelqu'un me ferait la même proposition car je suis plus méfiant. Nous prenons tous les deux un café, qu'il m'offre. Puis un second café, que j'offre pour que l'on soit quitte ! Le café à cet endroit était hors de prix pour un lycéen… Mais je ne voulais rien devoir.

On discute, se présente. Lui est à moto, moi entre deux changements de métro. J'ai l'impression de me retrouver sur un nuage. Il est sympa, il me plaît.

Au moment de nous quitter, il me laisse son téléphone.

Ne pouvant en faire autant puisque j'habite chez mes parents, j'hésite avant de lui donner mon adresse. Je pense qu'il n'ira pas jusqu'à venir chez moi. En fait, j'en sais rien… et je me demande comment je réagirai si l'idée de venir lui venait…

Après cela, je rentre sagement à la maison…

 

Tout cela s'est passé un lundi. En arrivant chez moi, je ne savais pas si j'avais fait une bêtise ou non en lui laissant mon adresse.…

 

 

Le jeudi, je reçois une lettre. Une lettre qui m'est adressée.

Ce n'était pas une chose rare à l'époque, mais je me demandais tout de même comment j'expliquerai que cette lettre soit oblitérée par un bureau de poste d'une ville ou j'avais jamais mis les pieds. Dans cette enveloppe, une seconde enveloppe. Je me souviens l'avoir ouverte dans ma chambre.

La lettre venait de lui. Je n'en revenais pas qu'il m'est écrit si rapidement. Ca me faisait plaisir et en même temps j'étais tellement étonné quil m'écrive si rapidement que ca m'effrayait un peu.

Sa lettre était très sympa : il disait qu'il avait bien apprécié le trop court moment passé ensemble, qu'il me trouvait agréable et avait envie de me connaître plus. 

                                                          

Je ne pouvais rester insensible à tous ces mots. Je profite d'être seul un instant pour lui téléphoner.

Après avoir discuté un bon petit moment, on décide de se voir le dimanche.

Jusqu'à maintenant, je passais le dimanche à réviser dans ma chambre. Non pas que j'étais puni, mais ca m'occupait. Bien évidemment, je lui donne rendez-vous à proximité de chez moi. Pas trop loin, pas trop près au cas où un voisin me verrait entré dans la voiture de quelqu'un qu'il ne connaît pas.

C'est la première fois que je m'absente de chez moi sous un prétexte quelconque, afin de retrouver quelqu'un que je ne connais pas… J'ai un peu mal au ventre, mais je me dis que c'est pas sympa si je lui posais un lapin… et puis je n'ai pas envie de le voir débarquer chez moi… Alors je vais à ce rendez-vous.

Il est là, il m'attend.

Il ne savait pas si j'allais venir ou non. Je monte en voiture.

Où allons nous ? ? Et bien chez moi si tu veux me rétorque-t-il… Allons y…

Me voilà en sa compagnie sur des routes que je ne connais pas. On arrive chez lui. Je suis incapable de rentrer par mes propres moyens étant donné que géographiquement je ne sais pas ou je suis… Enfin, peut importe j'ai confiance.

On rentre chez lui. Il me sert un café.

 

On s'installe dans son salon. Moi sur le canapé, lui sur un fauteuil. On discute, de tout et de rien en particulier.

A un moment, il met sa main sur une de mes jambes. Il me demande si cela me gêne. Je lui répond non, avant qu'il ne se mette à m'embrasser, toujours après m'avoir demandé si " ca " ne me choquait pas. Non ca ne me choque pas. Au contraire, je suis sous le charme. Je suis séduit et j'ai envie de lui.

                                                 

Il me propose de passer à l'étage, je le suis. On passe dans sa chambre.

On se découvre. On s'apprécie. On profite l'un de l'autre. Tout est sensuel.

Il ne s'agit pas là d'un " plan cul " comme j'avais eu l'occasion d'avoir jusque là. Non, c'était beaucoup plus intime, j'étais sous le charme. Il était beau, j'avais envie de lui comme je n'avais jamais eu envie de quelqu'un…

Après notre étreinte qui dura une longue partie de l'après-midi, il a repassé ma chemise qui était toute froissée.

Nous avons du reprendre le chemin du retour, mes parents m'attendant pour le dîner.

Nous nous sommes quittés au même endroit ou j'étais monté en voiture quelques heures auparavant, avec la promesse de nous revoir rapidement. Je rentrais chez moi pour la première fois avec les lèvres irritées par la barbe mal rasée d'un homme. J'étais heureux, et ca commençait à se voir….

 

Je crois qu'à ce moment je tombais amoureux."   

 

 

 

Sam 28 mai 2005 13 commentaires
Le début d'une belle histoire d'amour se passe de commentaire.
Je laisse un petit message parce qu'aujourd'hui c'est le 43e anniversaire de mon mariage et suis la seule à m'en souvenir. Il faut dire à décharge de mon conjoint qu'il a eu un accident cérébral (AVCI) il y a 21 ans et que depuis j'ai vécu au jour le jour en respectant l'engagement pris à l'époque - pour le meilleur et pour le pire - de ne jamais le quitter.
C'était mon choix et je ne suis pas héroïque.
Caresses à Carat
Marie - le 28/07/2005 à 19h48
C'est une belle histoire, merci de la partager...
Fabrice - le 31/08/2005 à 17h44
Waaaouu c'est cooOOOL!!!
Piel - le 09/09/2005 à 16h38
merci de raconter cette belle histoire et de la raconter si bien, si sobrement.

et... elle dure toujours?
Remi - le 09/10/2005 à 12h39
Elle est belle ton histoire...

Te demande pas tant si tu as le droit d'aimer et d'être aimé. Je te le dis, y'a pas de mal à se faire du bien. Tu ne nuis à personne. C'est aussi une façon d'aimer son prochain.
Yanneck - le 02/12/2005 à 01h44
Qu'est ce qu'elle peut être belle, pendant quelques instants cet foutu vie... sourire....

Au plaisir de te lire,
Lost_Girl - le 07/12/2006 à 14h18
Je suis nouveau sur Over-Blog et je suis donc parti à la découverte de quelques blogs. Je vais donc dans la catégorie « Gays, Lesbiens », je clique sur un lien parlant d'un couple (j'aime bien voir des couples heureux en rêvant qu'un jour ce sera sans doute aussi mon cas, enfin je l'espère). Et le hasard fait que je suis tombé sur celui d'un ancien lorrain. Moi-même je viens de Lorraine, mes parents y sont encore et moi je voyage au fil de mes études.
J'ai beaucoup aimé l'histoire de votre rencontre, c'est très romantique et spontanné: ce que je n'ai encore jamais connu. Je ne sais pas pourquoi mais mes rencontres se limitent au net.
Bonne continuation dans votre vie de couple, kissou !!!!
Faerithil - le 01/03/2006 à 13h01

Ahhh qu'une chose : ça fait rêver ... c'est quand que je trouve l'amour moi???


Biz, Black Eagle

Black Eagle - le 07/03/2006 à 22h25
trop mimi , bien contente que ça marche entre vous depuis si longtemps
fanny - le 10/10/2007 à 01h19
c'est tres émouvent votre histoire de rencontre. tu m'as fait rappeler la mienne j'avais aussi 18 ans.
halim - le 31/01/2008 à 16h06